Author: Marion

  • Les erreurs que je vois le plus souvent en correction : comment les éviter ?

    Je ne le dirai jamais assez, mais s’auto-corriger est une fausse bonne idée. À force de travailler son texte, on devient aveugle. Les coquilles se camouflent, les tics de langage s’installent, et parfois… un seul mot change complètement l’intention d’une phrase.

    Voici un petit tour d’horizon des erreurs les plus fréquentes que je croise avec quelques astuces pour les éviter.


    1. Les phrases trop longues (ou l’art de perdre son lecteur en route)

    Vous savez, cette phrase qui commence et qui ne s’arrête qu’au milieu de la page, si bien qu’on est obligé de la relire tant on est perdu ?

    J’aime dire qu’une phrase, c’est une idée. Elle doit pouvoir se lire à l’oral sans que l’on finisse essoufflé. Le public visé par notre écrit doit pouvoir en retenir l’essence sans avoir besoin de la relire plusieurs fois.

    Alors : on coupe !

    2. Les répétitions (la tortue qui revient toujours au même point)

    C’est un peu comme la petite goutte du robinet mal fermé qui, au début, se fait entendre faiblement, puis devient insupportable à force.

    Alors je vous l’accorde, il peut arriver qu’on atteigne le bout de notre imagination. Mon astuce ? L’utilisation d’un dictionnaire des synonymes afin de varier son vocabulaire. Vous pouvez en trouver en ligne gratuitement ou investir dans un format papier. Personnellement, j’ai une préférence pour le papier.

    Autre astuce : lire à voix haute.

    Et si jamais on bute toujours sur le même mot, c’est peut-être signe qu’il vaut mieux changer entièrement la phrase.

    3. Les virgules capricieuses

    En mettre, ou ne pas en mettre.

    Durant ma formation de Lecteur-Correcteur, les virgules ont été un vaste sujet. La virgule symbolise le souffle de l’auteur d’un texte. Par son intermédiaire, l’auteur donne du rythme, du sens et marque les reprises de respiration.

    Toutefois, il faut être vigilant sur son utilisation et ne pas couper un sujet avec son verbe, par exemple.

    Vous vous souvenez du moyen mnémotechnique pour retenir les conjonctions de coordination (Mais où est donc Or ni car) ? Une de leurs particularités est d’être généralement précédées par une virgule.


    4. Les mots mal choisis (ou quand “à cause de” ne veut pas dire “grâce à”)

    Un seul mot peut saboter une intention. Alors il est préférable, en cas de doute, de vérifier sa définition dans un dictionnaire.

    5. Les accords qui se rebellent

    Qui n’a pas déjà eu un gros mal de tête en se questionnant sur l’accord qu’il doit faire dans une phrase ?

    Exemple : Elle s’est fait / faite avoir.

    Bonne réponse : fait. En effet, le verbe faire est suivi d’un infinitif → pas d’accord.

    Exemple : Les erreurs que j’ai fait / faites

    Bonne réponse : faites. Le COD “les erreurs” est placé avant le verbe → le participe s’accorde.

    L’astuce ? Reprendre ses bons vieux cours de français, ou faire appel à un(e) professionnel(le) pour un rendu de qualité !

    6. Les incohérences de temps

    Passé simple, présent, imparfait… Il est important de définir le temps de la narration et surtout s’y tenir ! Bien sûr, il est possible d’utiliser d’autres temps, sans toutefois perdre le lecteur en route. Par exemple, cela peut être opportun pour préciser un antécédent, exprimer une conséquence.

    Le tout, c’est de rendre le texte harmonieux.


    J’en ai terminé avec ce petit panel d’erreurs fréquentes. Certaines sont anodines, d’autres bien plus dérangeantes. Le poids des mots est souvent minimisé à l’écrit comme à l’oral. Les outils numériques peuvent aider, mais rien ne remplace le regard humain.

    Vous pouvez me retrouver également sur LinkedIn

  • L’IA face au métier de correcteur : un outil, mais certainement pas une remplaçante

    Et si le métier de correcteur n’avait plus d’avenir ? C’est une question que l’on se pose, au même titre que les auteurs et tant d’autres professions.

    L’intelligence artificielle s’est invitée dans nos écrans et dans nos téléphones avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine : impressionnante, efficace, parfois bluffante… mais pas toujours subtile.

    Les professionnels plus largement lui confient des textes, des présentations, des analyses de documents. L’intelligence artificielle va renvoyer en quelques secondes des phrases propres, nettoyées, standardisées. Elle va appliquer des règles, cocher des cases, détecter des schémas.

    Pratique ? Oui. Suffisant ? Pas vraiment.

    En effet, corriger un texte, ce n’est pas seulement repérer une conjugaison récalcitrante ou un accord capricieux. C’est entendre la musicalité de la phrase, saisir la nuance, comprendre l’intention. C’est sentir qu’un mot sonne creux, que tel autre manque de précision, que la comparaison est inadéquate ou qu’il y a un manque de cohérence. Ce niveau-là n’appartient pas à l’automatisation : il relève de l’expérience, de la sensibilité, de l’histoire du lecteur humain qui analyse, ressent et interprète.

    L’IA se concentre sur la surface. Le correcteur, lui, plonge. Il repère la tournure boiteuse qui échappe à l’algorithme, la répétition gênante, la phrase trop sage ou trop lourde au contraire.


    Là où une IA corrige, un correcteur comprend.
    Là où une IA applique des règles, un correcteur questionne le sens.

    L’outil numérique peut assister, accélérer, automatiser certaines étapes. Je pense personnellement qu’au stade où l’on se trouve dans le développement de cette intelligence artificielle, nous devons apprendre à vivre avec plutôt que d’imaginer qu’un retour en arrière est possible.

    Je reste persuadée qu’elle ne remplacera pas la finesse, la culture, l’intuition linguistique, l’expérience ni la capacité à percevoir ce qui n’est pas écrit, mais ce qui est sous-entendu.

    Par ailleurs, son utilisation paraît simple. Mais encore faut-il la « nourrir correctement ». Donnez-lui un problème de maths brut : elle ira chercher la réponse la plus probable, la plus « commune », parfois la plus bancale. Demandez-lui, en revanche, de se glisser dans la peau d’un professeur de mathématiques : et soudain, la réponse devient plus juste, plus structurée, plus fiable.
    Le même principe s’applique en français.

    Une IA, laissée en roue libre, produit souvent une correction « standard », dénuée de contexte. Elle va choisir le mot le plus fréquent, la tournure la plus neutre mais pas la formulation pertinente. Et sans le bon prompt, elle peut même générer une réponse complètement hors sujet. Autrement dit : si l’on ne maîtrise pas l’art de cadrer l’outil, on récolte des réponses approximatives.

    Le correcteur, lui, n’a pas besoin qu’on lui explique le contexte : il le perçoit, il l’absorbe, il l’analyse. Il comprend que ce « mais » change toute la dynamique d’une phrase. Il voit pourquoi ce choix lexical ne fonctionne pas, pourquoi cette comparaison sonne faux, pourquoi cette virgule devrait disparaître pour déclencher telle ou telle émotion.

    En bref, un correcteur ne choisit pas le mot le plus fréquent : il choisit le mot juste, armé de son dictionnaire des synonymes.

    Vivre avec son temps, ce n’est pas toujours simple avec une route semée d’embûches. Alors au lieu d’aller à contre courant, j’ai fait le choix personnellement d’accepter que cet outil puisse être tentant pour mes clients.

    À toi qui lis cet article, utilises-tu l’IA dans ton contexte professionnel ? As-tu un avis différent sur le sujet ?

  • Faire appel à une correctrice professionnelle change tout

    Je vais être honnête : si je devais compter le nombre de fois où j’ai entendu « Oh, mais la correction, on peut la faire soi-même avec Antidote, non ? » je pourrais financer mes prochaines vacances rien qu’avec les royalties de ces phrases-là. Antidote n’est pas infaillible et, selon la manière dont on l’utilise, il peut même conduire à créer des fautes.

    Alors oui, certaines personnes ont un très bon niveau en français. Mais à force de retravailler son texte, on finit toujours par perdre en vigilance. Très vite, on laisse passer une incohérence, une coquille… parfois même une phrase bancale qu’on croyait pourtant limpide.

    S’auto-corriger paraît très tentant et surtout financièrement bien plus avantageux. Mais c’est au risque de négliger une certaine qualité auprès du lecteur.

    La correction, ce n’est pas juste « chasser les fautes ».

    Il y a une différence entre relire un texte… et lui donner toutes ses chances de briller. Entre vérifier deux accords… et assurer la cohérence, la clarté, la fluidité. Entre repérer une coquille… et préserver la voix de l’auteur tout en sublimant son travail.

    Mon rôle, en tant que correctrice professionnelle :

    • repérer l’invisible,
    • optimiser le lisible,
    • sans jamais trahir l’intention de l’auteur.

    Il existe souvent un décalage entre ce qu’on voulait écrire et ce qui finit réellement sur la page.

    Ma formation à l’École Française de Lecteur-correcteur

    Quand on cherche des informations sur ce métier, on lit souvent qu’il n’y a pas de prérequis, hormis une bonne maîtrise du français.

    Résultat : beaucoup se lancent avec des tarifs très bas, persuadés qu’être « bon en orthographe » suffit.

    De mon côté, je voulais davantage que mon expérience professionnelle ou mon bac littéraire. J’ai donc choisi de suivre la formation de Lecteur-correcteur auprès de l’École Française. Et j’y ai appris bien plus que de la théorie.

    • Une méthode de correction professionnelle, rigoureuse et structurée.
    • Les techniques pour traquer les incohérences, répétitions, contresens, lourdeurs.
    • Le travail sur la cohérence logique, narrative et stylistique.
    • La posture du correcteur : être précis, impartial, minutieux… tout en restant à l’écoute de l’auteur.

    Avec un principe fondamental : ne corriger que ce qui est réellement fautif.

    Cette formation m’a donné des outils concrets, et surtout la certitude que la correction est bien plus qu’un coup d’œil final : c’est une étape essentielle dans la construction d’un texte.

    Pendant mes six mois de formation, j’ai eu des cours théoriques, des lectures d’ouvrages, et des devoirs écrits. Une douzaine de sujets différents, ce qui m’a permis d’aborder différentes thématiques et ne pas me concentrer uniquement sur la correction de manuscrits.

    En somme une formation riche, avec à la clé le passage de la certification Le Robert.

    La certification Le Robert : un gage de sérieux… et un entraînement intense

    Je voulais un label qui prouve noir sur blanc que je prends au sérieux les missions qui me sont confiées.

    La certification c’est 350 question dans un délai imparti. Tout y passe ; le registre de langue, l’orthographe, les accords, la conjugaison, les homophones, les pléonasmes, la grammaire, la syntaxe et les erreurs de construction dans une phrase…

    En bref, un entraînement intensif qui garantit que je maîtrise réellement la langue française, ses règles, ses exceptions… et les exceptions des exceptions.

    Une base solide, fiable, mesurable, que je mets aujourd’hui au service de mes clients.

    Bien entendu, suivre une formation et obtenir la certification, cela ne fait pas tout. Chaque nouveau projet, chaque nouvelle prestation me permet de continuer à me former. Et je crois que c’est ce que j’aime le plus dans ce métier. En apprendre tous les jours.


    Alors, pourquoi faire appel à moi ?

    Parce qu’un texte corrigé n’est pas seulement un texte « sans fautes ».

    Au-delà de la technique, je travaille avec :

    • une approche humaine,
    • une communication transparente,
    • un vrai respect de la voix d’auteur,
    • et la volonté de sublimer un texte, sans le réécrire.

    Se lancer dans l’écriture, c’est déjà un acte courageux. Le faire relire par une professionnelle, c’est la finition qu’il mérite.

    Et surtout, en tant qu’auteure moi-même, je mesure pleinement l’engagement et le travail qu’il y a derrière chaque phrase.

    À toi qui lis cet article, as-tu déjà songé à faire appel un professionnel de la correction ?

  • Les réseaux sociaux, une bonne ou une mauvaise idée pour communiquer sur ses sorties ?

    Voici mon premier article sur mon site. J’aurais pu commencer par un article phare sur « Pourquoi opter pour une correctrice professionnelle change tout » . Je vous promets que nous aurons l’opportunité d’aborder le sujet. Toutefois, parlons d’un sujet plus personnel.

    Pendant plus d’un an j’ai eu l’habitude de faire mes retours lectures sur les réseaux sociaux (principalement instagram). J’ai pu découvrir que des maisons d’édition pouvaient envoyer gratuitement certains livres afin qu’un retour soit partagé sur diverses plateformes – des services presse. Entre partenariats avec ces éditeurs de renom et des auteurs indépendants, ce fut une période riche en découvertes, et à ma petite échelle je me suis sentie utile.

    Mais je dois bien avouer que la course aux likes et au nombre d’abonnés m’a progressivement fait perdre mon envie de partager avec ma petite communauté.

    Mes lectures ont fini par suivre les hype du moment, ma pile à lire s’est transformée progressivement en bibliothèque à lire et j’ai eu l’amère sensation d’être passée à côté de ce que j’aimais le plus. Lire. M’évader. Les contraintes sont devenues de plus en plus lourdes, m’éloignant petit à petit de ma passion première.

    Je me suis lancée dans l’écriture en avril 2024 et mon tout premier roman est sorti en mars 2025. Bien évidemment, la question s’est posée d’opter pour des services presse, ou non. Je ne me positionnerai pas sur le bienfondé de ce type de communication lorsque l’on signe avec une maison d’édition, personnellement ce n’est pas la voie que j’ai choisi.

    Mais soyons francs : aujourd’hui, publier un livre sans communiquer dessus, c’est un peu comme murmurer au cœur d’une tempête en espérant qu’on nous entende.
    Et à l’inverse, se lancer sur les réseaux sociaux sans stratégie, c’est comme sauter sous la douche sans vérifier la température : parfois agréable… parfois un moyen de finir rouge écrevisse.

    Alors, bonne ou mauvaise idée pour un auteur, ces plateformes ?
    Spoiler : ça dépend de comment on les utilise.

    Une visibilité qui ne mange pas de pain

    Les réseaux sociaux ont un avantage indiscutable : ils permettent d’être visible. Enfin encore faut-il savoir les utiliser, certes.
    Des auteurs qui se font repérer grâce à un post viral ? Ça arrive.
    Des lecteurs qui découvrent un roman simplement parce qu’un extrait est tombé dans leur fil d’actu ? Ça, c’est tous les jours.

    Ce sont des outils puissants, capables de mettre un livre sous des milliers d’yeux… parfois même avant qu’il ne soit publié – oui, je parle ici de téléchargement illégal.

    Mais attention : ce n’est pas magique.
    Si poster une fois par trimestre suffisait, tout le monde aurait déjà vendu 10 000 exemplaires.

    Le revers de la médaille : la pression (et parfois l’épuisement)

    Sur les réseaux, l’amour du livre rivalise avec… l’algorithme.
    Celui qui change d’humeur aussi vite qu’un chat qui décide soudainement que tes rideaux ne lui plaisent plus. Qu’on ne me jette pas la pierre… je n’aime pas les chats !

    Nombreux sont les auteur(e)s qui postent un contenu incroyable, travaillé, original et qui n’obtiennent malheureusement que cinq likes dont un de leur proche. À contrario, on a souvent vu un réel qui ne dure que quelques secondes, fait en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, devenir viral.
    Le chaos créatif, dans sa splendeur.

    Résultat ? Certains auteurs se comparent, d’autres se découragent et beaucoup finissent par croire qu’ils « ne sont pas faits pour ça ».

    La vérité ? Personne n’est « fait pour » les réseaux.
    On apprend, on teste, on ajuste. Et si un post fait un flop, on recommence.

    Il faut garder à l’esprit que les réseaux sont un outil, mais ce qui compte réellement c’est l’aspect social. Au-delà des chiffres, il y a le lien direct entre l’auteur(e) et son lecteur.

    Utiliser les réseaux sociaux seulement pour avoir des vues et des likes n’est pas une véritable finalité. En revanche, partager son univers, son processus de travail, ses doutes et ses victoires est, selon moi, ce qui est le plus important. L’authenticité.

    Une communauté engagée, même modeste, vaut toujours mieux qu’un public immense qui ne vous connaît pas.
    Et les réseaux permettent de la construire, pierre après pierre.

    Alors, je vous l’accorde je n’apporte pas une réponse noire ou blanche sur la question. Finalement, tout est une question d’utilisation, de feeling et d’envie.

    Si tu as eu quelques déboires sur les réseaux sociaux, que tu sois lecteur ou auteur(e), n’hésite pas à réagir sous cet article et à le partager.

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